Denis Bonzy

2012 : le vote de l’évitement

Il est probablement difficile d’imaginer aujourd’hui l’impact réel à terme de l’affaire DSK tant les révélations à venir peuvent s’avérer glauques. Le PS est en choc avec toutes les valeurs qu’il était supposé défendre. Rien ne manque à l’appel : depuis la violence dans l’irrespect de la dignité humaine jusqu’au cliché des classes en passant désormais par la rupture de l’égalité par l’argent.

L’opinion est désormais sur la défensive. Elle va passer à l’étape de la demande des comptes : qui savait ? Qui doutait ? Comment des responsables PS appelant à voter pour DSK pouvaient-ils lancer de tels appels s’ils ne le connaissaient pas véritablement ? Et s’ils le connaissaient, que connaissaient-ils de lui ? Que vont-ils indiquer face aux révélations successives à l’exemple de celles qui commencent à émaner de Kristin Davis (vidéo ci-dessous), la « madame Claude de Manhattan » quand elle donne des « exemples » des escort girls tarifées 1 200 dollars l’heure pour « rendre visite » à DSK ? Comment parler de « séducteur » quand il faut acheter pour un SMIC l’heure de prestation d’une « professionnelle du sexe » ? Dans toutes ces circonstances, les mots ont-ils bien gardé le sens qui devait être le leur ?

Dans ce contexte, le vote de 2012 sera d’abord le vote de l’évitement au sens premier du terme : se défendre en évitant. Sera élu le candidat que l’opinion considérera comme le « moins à risques ». Ce climat ne suscite pas l’enthousiasme mais l’heure de l’enthousiasme n’est plus pour l’instant au rendez-vous.

 

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