Denis Bonzy

L’opinion publique française : en avance ou en … retard ?

Le décalage entre l'opinion publique française et ses voisines est considérable. Ce week-end, le PS espagnol a pris une claque historique. Le chatiment était annoncé. Il a été d'ampleur. Les jeunes avaient changé la donne de la campagne en se révoltant contre les promesses non tenues.

En Allemagne, même situation pour la coalition au pouvoir. Si les actuels chiffres sont confirmés, il faut remonter à 50 ans pour que la formation de Merkel enregistre un revers de ce type dans le Land de Brême. Là bas, ce sont les écologistes qui enregistrent des poussées généralisées.

Dans les deux cas, la participation électorale baisse.

En France, le second tour de la présidentielle reste serré. La politique de Sarkozy s'est éloignée des promesses de 2007. Le style a été à l'origine de polémiques permanentes. Et la ré-élection reste pourtant possible là où, dans les pays voisins, la crise emporte les partis au pouvoir.

L'opinion ne manifeste pas en France. Les jeunes sont calmes. L'opinion française semble à l'écart de la politique. Elle n'a pas d'illusion sur le pouvoir sortant mais elle n'a pas davantage d'illusion sur l'opposition.

S'agit-il là d'un retard face à une mobilisation soudaine qui va démarrer comme une allumette ? Où est-elle en avance parce que les illusions n'existent même plus dans tous les camps ?

Les prochains mois le diront mais ce décalage est étonnant.

Commentaires

2 réponses à « L’opinion publique française : en avance ou en … retard ? »

  1. Avatar de martial
    martial

    C’est à se demander si 1789 voire antérieurement la Journée des Tuiles de Grenoble se sont réellement déroulées…

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  2. Avatar de Jean Galienne
    Jean Galienne

    Le décalage entre la réaction des démocraties européennes me semble un sujet académique dans la mesure où sur le long terme que ce soit l’Angleterre des années 70/80, l’Allemagne des années 80/90, l’Espagne, la Grèce ont connus des changements de majorité qui reflétent plus un rejet des politiques mises en oeuvre par la majorité qu’une adhésion à thèses de l’opposition.
    En France le système de monarchie prétendument républicaine a longtemps permis une longévité plus grande dés lors que nos institutions ont été conçues pour pallier à l’instabilité de la valse des gouvernements de la 4 éme.
    Aujourd’hui, le débat politique est plombé durablement, la constatation de la suprématie de l’orthodoxie économique qui soumet les politiques aux diktats de financiers au mépris des interêts des citoyens n’est plus acceptable.
    La jeunesse qui n’est pas uniquement composée d’exclus du système scolaire, de nombreux jeunes ont même des diplomes mais l’insertion dans le mode du travail dépend de « l’entregent familial » plus que du talent réel.
    Pour conduire les jeunes à prendre la parole, il faut leur proposer un projet mobilisateur, la formidable évolution technique, l’intense accélération des connaissances ouvrent des champs d’activité qui sont à inventer, le clientélisme politique qui oppose nos concitoyens entre jeunes inactifs et senior laissés pour compte est le terreau de tous les extremismes et le poison qui détourne des urnes, levons nous donc pour proposer un deal gagnant-gagnant sans lequel notte pays sombrera…

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