Depuis le début de l’affaire le décrochage entre le comportement de DSK et l’attitude « normale » d’un innocent placé dans des conditions comparables est lourd. Dans le « feu de l’action », comme indiqué dans le billet d’hier, DSK n’a respecté aucune des attitudes permettant de « lever tout doute » sur sa bonne foi. Depuis plusieurs jours, son silence ne peut qu’inquiéter car rien n’impose ce silence.
L’innocence se crie. Elle ne se contient pas. Quand il passe devant les caméras, rien n’interdit à DSK dès le premier jour de crier son innocence ; ce qui serait le comportement naturel. Rien n’interdit à ses avocats de tenir une conférence de presse pour donner la version des faits de DSK, c’est même aux Etats-Unis le comportement habituel d’avocats qui doivent manier aussi bien la communication que le droit.
Là, rien de tout cela. DSK a choisi le comportement du coupable : celui qui attend de voir la version des griefs pour tenter de les récuser. Mais il ne cherche pas à exposer immédiatement sa « propre » version.
Cette attitude ne peut qu’annoncer une évolution significative de DSK dans son axe de défense. Au début, il a pensé à sauver sa candidature. Maintenant, il va penser à sauver sa peau. Le plaider coupable commence à apparaître à l’horizon …
Cette étape va donner naissance à un réveil de l’opinion et à l’émergence du sentiment de trahison.
Les études scientifiques sur les marques commerciales et les crises sont intéressantes. Le sentiment de trahison d’une marque naît quand l’opinion considère qu’elle a été doublement abusée par la rupture avec les valeurs portées mais aussi par l’axe de défense s’il a été trop indulgent. C’est pourquoi des marques commerciales choisissent désormais d’endosser immédiatement la version de précaution la plus extrême pour qu’elles aient à descendre ensuite dans le niveau des gravités. C’est tout l’opposé que le PS a choisi. Les prochains jours pourraient devenir très délicats pour la « marque PS ». Comme les prochains jours pourraient devenir très délicats pour la presse officielle, pour l’entourage de DSK (son comité de soutien, ses collaborateurs) car avec le sentiment de trahison arrive le besoin de vengeance de l’opinion.
Ce sentiment peut être d’autant plus fort que l’opinion internationale s’est emparée d’un dossier emblématique à l’exemple de la reconstitution chinoise ci-dessous.
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