DSK est la caricature d'un système politique français sans contre-pouvoir. Quand Tristane Banon le 5 février 2007 raconte ses "épreuves" lors d'un dîner dans une émission d'Ardisson, l'ambiance "gauloise"règne manifestement dans des conditions choquantes mais cet épisode est révélateur d'une culture d'admission du "pêché" d'un intouchable. Tellement intouchable que la victime renonce alors à engager les actions en justice qui auraient été nécessaires. Tellement intouchable que la presse n'investigue pas sur une affaire déjà grave.
Les excès de certains détenteurs de pouvoirs ne sont rendus possibles que par l'absence de contre-pouvoir. Une absence qui accrédite progressivement l'idée qu'il n'y aurait plus de limite.
La vie politique française est progressivement devenue un champ de ruines.
Les présidentiables se comptent sur les doigts d'une seule main et encore… Les débats sérieux d'idées n'existent plus. La décentralisation a rapproché le pouvoir dans des conditions d'arbitraire où le clientélisme est désormais installé.
De façon généralisée, il n'y a pas de contre-pouvoir. Les parlementaires sont des assistantes sociales qui gèrent les interventions personnelles et ne controlent pas l'exécutif. L'opposition dans les collectivités locales est sans moyen humain ou financier. Les médias dépendent de groupes qui eux-mêmes dépendent de marchés d'Etat. Il est quand même stupéfiant hier d'assister au journal TV de France 2 à 20 heures présentant Sarkozy en deuxième position d'un graphe sur un sondage sur la présidentielle 2012 alors même que les chiffres en question le placent en … troisième position.
Les Préfets sont les chargés des relations publiques de l'Etat mais dépourvus de compétences fortes. Les Chambres Régionales des Comptes n'interviennent que très tard et avec des rapports qui restent dans les tiroirs. La presse écrite régionale est en mal de lecteurs, donc de recettes et elle compte d'abord désormais sur les recettes publicitaires des collectivités locales pour arrondir ses fins de mois. Lui est-il possible de traiter ensuite avec objectivité ses annonceurs publicitaires ? Non.
C'est la liste d'un pays qui se vautre dans le légitimisme jusqu'où jour où un excès grave est commis, franchissant les conditions de la discrétion habituelle. Et alors la descente aux enfers est garantie. Combien de temps encore cette logique durera-t-elle ?
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