Hier, des préjugés notamment religieux empêchaient des débats sur des sujets pourtant majeurs. Aujourd'hui, c'est la société de communication qui dicte ses interdits. Il suffit qu'un dossier soit compliqué pour qu'il passe à l'écart. Tout doit aller vite, être résumé en une idée, une image et surtout rencontrer une audience.
Des dossiers essentiels sont actuellement marginalisés dans des conditions graves.
1) La place de la dette publique : aux Etats-Unis, le 16 mai 2012, la dette atteindra son plafond légal. Pour que des cessations de paiements n'interviennent pas immédiatement, il est question de repousser un plafond temporaire au 02 août. En France, la dette vient encore de s'aggraver mais il n'y a même pas de "plafond légal" jouant le rôle d'avertisseur public. Et la dette augmente sans aucune mesure sérieuse pour la diminuer.
2) La coopération intercommunale : le Gouvernement vient de lâcher du lest avec une prolongation de six mois pour conclure l'étape de consultation. Mais, sur le fond, c'est l'installation d'un rapport de force démographique avec la place demain à la proportion des populations dans des instances intercommunales. Par exemple, dans notre agglomération, la municipale de Grenoble fera la majorité dans l'agglo presque toute seule. Comment se concilieront les suffrages universels au moment où les structures intercommunales vont progresser en compétences comme c'est déjà le cas ?
…
La liste est longue de dossiers majeurs jamais évoqués.
Un obscurantisme moderne est né avec une communication qui vit dans l'instant, qui écarte les sujets techniquement compliqués.
Il s'agit là d'une tendance générale mais la France s'y adonne avec délectation. L'actualité est désormais dominée par deux repères : les dates anniversaires et les polémiques individuelles sur des dossiers à forte audience populaire à l'exemple de la polémique sur les quotas dans le football. Au passage, les images livrées en la matière ont été assez étonnantes. Laurent Blanc passant d'un jet à un autre pour aller de l'Italie à Bordeaux puis de Bordeaux à Paris, protégé des journalistes par des services de police. Le "Chef" de "l'Etat football" bénéficiait d'égards bien surprenants tandis que des chercheurs en matière de santé sont dans le désert financier.
Quand s'installent de tels décalages, la raison a réellement quitté l'information et une partie des réflexes de l'opinion.
Laisser un commentaire