Jusqu'où les forces politiques classiques poursuivront-elles leur autisme face aux préoccupations des Français ?
Le sondage Ifop / Paris Match à paraître demain montre une nouvelle détérioration de la cote du Président de la République. Une détérioration qui mène à un seuil historique battant tous les planchers.
Dans le même temps, dans la foulée des cantonales, le PS progresse en crédibilité mais peu (+ 4 points) et surtout parvient au seuil modeste de 43 % en qualité à faire … mieux.
L'une des raisons réside dans le décrochage entre les sujets médiatiques et les préoccupations de l'opinion. Cette même enquête à paraître demain montre en effet par exemple que la laïcité qui mobilise les premiers titres n'appartient pas aux conversations prioritaires de 62 % des Français ; ce qui est l'une des illustrations de décrochages considérables.
Les banques qui sont elles l'un des dossiers majeurs avec une défiance plus forte en France qu'aux Etats-Unis (enquête Ifop / Groupama publiée ce jour) ne font l'objet d'aucune mention significative ni sur les recherches de responsabilités dans la crise financière si sur la clarification de comportements à venir au sein même du "projet" du PS !
Avec de tels tabous, les vieux partis laissent des autoroutes à des mouvements protestataires qui vont au coeur des sujets du quotidien.
Le 14 avril, ce sera aussi l'un des tests pour vérifier si la formation politique la plus jeune sur l'échiquier français est capable d'aller à l'essentiel des véritables préoccupations des Français dans leur vie quotidienne.
Si tel est le cas, Dominique de Villepin sera alors le seul véritable rebelle tout en respectant des contraintes de gouvernance : deux qualités attendues et à réconcilier face à un système politique décrédibilisé qui ouvre des espaces inédits à l'abstention et aux extrêmes.
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