1) La gauche a atteint un seuil technique qui freine désormais sa marge de progression. Pour bon nombre d'observateurs, l'analyse est faussée par une fiction : les cantons seraient politiquement à 50 / 50 en matière d'appartenance politique et les candidats ou les circonstances feraient la différence. Les cantons ont un ancrage politique très marqué. C'est le canton qui fait le candidat et non pas l'inverse. Depuis la progression engagée en 1995, la gauche en Isère a atteint une sorte de plafond technique. Elle s'attaque désormais à de véritables bastions de droite. En gagner un ou deux relève désormais d'un exploit.
2) L'électorat a beaucoup gagné en indépendance de décision. Anticiper une élection sur les bases d'un autre scrutin est une aventure très risquée. Par conséquent, il y a peu de tendances certaines à tirer du scrutin de mars 2011 a fortiori quand il est marqué par une abstention record de ce type.
3) Néanmoins, des évolutions méritent l'attention. La progression va aux "nouvelles formations" (Verts et FN). Le PS se stabilise. L'UMP continue sa chute.
Elle perd trois Conseillers Généraux : Saugey, Cardin et Curtaud et n'en gagne aucun. Deux d'entre eux sont remplacés par un PS. Un d'entre eux par un DvD. C'est donc une majorité présidentielle très fragilisée qui sort de ce scrutin.
4) Le PS part à la reconquête du Nord Isère. C'est le cas sur Vienne et sur l'ensemble de la circonscription de J. Remiller. Certes, J. Remiller est doté d'une forte personnalité et pourra compter sur un coefficient personnel important lors des législatives de juin 2012. Mais il y a une alerte majeure à suivre de très près.
5) Sur Grenoble, la recomposition est au sein de la gauche : PS et Verts sont au coude à coude. Le PS connaît une double fragilisation. "L'électorat bobo" part chez les Verts tandis que l'électorat populaire part au FN. Avant le départ effectif de la campagne 2014, il y là une nouvelle donne majeure.
6) Pour les circonscriptions, le PS a deux circonscriptions fragilisées : Voiron et Sud Isère. Sur Voiron, le député sortant devrait partir aux sénatoriales de septembre 2011 (Vallini) et au même moment son suppléant est battu aux cantonales (Revol). C'est une nouvelle donne qui s'ouvre. Sur le Sud Isère, MN Battistel est battue sur le canton de Corps. Mais sur la circonscription, la situation est très différente avec une probable triangulaire si le FN garde un niveau aussi élevé qui boostera son score dans les cantons urbains les plus peuplés (Seyssinet et Vif).
La véritable redistribution politique interviendra lors de la présidentielle qui fixera la donne pour les législatives qui vont suivre dans l'immédiate foulée. Pour les législatives, la nouvelle situation naît du score du FN qui va significativement modifier les rapports de forces classiques.
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