Denis Bonzy

Cantonales 2011 : Grenoble et Vienne à un tournant

Ces élections cantonales sont un tournant pour les deux principales Villes du département de l'Isère : Grenoble et Vienne.

Tout d'abord, sur le sujet de la participation, certes l'abstention va battre des records mais il s'agit d'une tendance désormais durable depuis 1983 sur le plan national. Depuis 1983 en effet, l'abstention progresse en permanence lors des élections locales y compris à l'occasion des municipales. Participation mars 2011 Il y a là un phénomène durable qui va imposer des analyses détaillées bien au-delà du seul scrutin de mars 2011.

Ensuite, pour plusieurs Villes, c'est un tournant politique pour 3 raisons :

1) l'entrée dans la seconde moitié du mandat accélère le temps dont la question de la succession des Maires sortants. Une seconde moitié de mandat qui sera marquée par deux scrutins majeurs dans une douzaine de mois : la présidentielle puis les législatives dans la foulée immédiate,

2) A Grenoble, le tournant est dans l'installation ou pas des écologistes comme concurrents du PS à égalité avec lui ou presque. Les scores sur Grenoble 1 et St Egrève seront très instructifs. En 2008, l'équipe de Michel Destot s'est émancipée des Verts en cherchant un équilibre vers le centre : Modem + société civile. Mais la société civile n'existe plus dans le débat politique actuel et le Modem est à moins de 5 % quand les Verts récoltent de 15 à 20 % dans l'agglomération … Le compte n'y est donc plus ! C'est une nouvelle donne a fortiori si les Verts devaient compter deux Conseillers Généraux le 27 mars au soir,

3) A Vienne, le score de Patrick Curtaud au premier tour a été "modeste" puisqu'il n'a pas franchi le seuil des 30 % qui d'ordinaire est le tremplin pour une dynamique de second tour. Le canton de Vienne Sud est à droite depuis 1985. Il a longtemps été détenu par Jacques Remiller, le Maire de Vienne. Si ce canton devait être perdu par la majorité municipale, ce serait là aussi à l'origine d'un nouvel équilibre politique local. La seconde moitié du mandat s'ouvrirait alors sur une base délicate pour la majorité municipale sortante.

Ce sont là les dernières inconnues du second tour.

3) Les constats du premier tour ont été la nouvelle étape dans la chute de la majorité présidentielle qui ne compte aucun candidat au second tour dans un canton du ressort de la Métro, ce qui est un fait politique sans précédent ! Le second fait acquis est celui de la percée du FN à un pourcentage très élevé dans l'agglomération à un point qui va faire peser un poids particulier sur toute diversité de candidatures lors des législatives puisque menaçant alors la présence d'un candidat de l'UMP au second tour à la moindre candidature DvD diversifiant le "socle" de la droite classique.

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