La réforme territoriale pour 2014 est un mélange de bonnes intentions mais d'exécutions problématiques.
Il était nécessaire de supprimer au moins un échelon territorial. Mais pourquoi le faire à moitié à l'exemple de la fusion-non absorption entre la Région et le Département où chaque collectivité garde ses administrations distinctes donc des coûts élevés de fonctionnement ?
Pourquoi mêler les exercices des fonctions dans des conditions qui vont professionnaliser encore davantage le corps politique français déjà terriblement coupé d'une vie professionnelle ordinaire ?
Il était nécessaire de rétablir de l'équilibre territorial dans les "cantons" mais pourquoi le faire dans une telle opacité ? Au gré d'indiscrétions, des rumeurs de découpages et de fusions circulent. Pourquoi ne pas avoir établi des règles claires, simples, mettant à l'abri de l'arbitraire dans le découpage ? Beaucoup de "petits cantons" du Sud Isère vont être regroupés. Mais sur quelle base technique ? Comment les découpages des cantons urbains très peuplés vont-ils être opérés ?
Il est préjudiciable que de tels arbitrages ne soient pas rendus dans la clarté la plus totale à partir de règles publiques connues de tous.
C'est d'autant plus préjudiciable qu'avant même que le découpage actuel ait été mené publiquement à bien, le PS aurait confié à F. Rebsamen une mission de "re-redécoupage" susceptible d'être exécuté dès l'été 2012 en cas de victoire de la gauche à la présidentielle prochaine.
Ce sont des méthodes de ce type qui alimentent l'abstention et des votes de colère. Pourquoi l'opinion est-elle maintenue à l'écart de ce qui est "sa propriété" : la démocratie donc les conditions de découpage. Et pourquoi un parti prend-il déjà le principe de tout remettre sur la table en cas de victoire ?
Ces jeux politiciens abîment la vie démocratique et fragilisent gravement l'exercice de la représentation.
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