Denis Bonzy

« Cantonales » 2014 : le temps des ciseaux

La réforme territoriale pour 2014 est un mélange de bonnes intentions mais d'exécutions problématiques.

Il était nécessaire de supprimer au moins un échelon territorial. Mais pourquoi le faire à moitié à l'exemple de la fusion-non absorption entre la Région et le Département où chaque collectivité garde ses administrations distinctes donc des coûts élevés de fonctionnement ?

Pourquoi mêler les exercices des fonctions dans des conditions qui vont professionnaliser encore davantage le corps politique français déjà terriblement coupé d'une vie professionnelle ordinaire ?

Il était nécessaire de rétablir de l'équilibre territorial dans les "cantons" mais pourquoi le faire dans une telle opacité ? Au gré d'indiscrétions, des rumeurs de découpages et de fusions circulent. Pourquoi ne pas avoir établi des règles claires, simples, mettant à l'abri de l'arbitraire dans le découpage ? Beaucoup de "petits cantons" du Sud Isère vont être regroupés. Mais sur quelle base technique ? Comment les découpages des cantons urbains très peuplés vont-ils être opérés ?

Il est préjudiciable que de tels arbitrages ne soient pas rendus dans la clarté la plus totale à partir de règles publiques connues de tous.

C'est d'autant plus préjudiciable qu'avant même que le découpage actuel ait été mené publiquement à bien, le PS aurait confié à F. Rebsamen une mission de "re-redécoupage" susceptible d'être exécuté dès l'été 2012 en cas de victoire de la gauche à la présidentielle prochaine.

Ce sont des méthodes de ce type qui alimentent l'abstention et des votes de colère. Pourquoi l'opinion est-elle maintenue à l'écart de ce qui est "sa propriété" : la démocratie donc les conditions de découpage. Et pourquoi un parti prend-il déjà le principe de tout remettre sur la table en cas de victoire ?

Ces jeux politiciens abîment la vie démocratique et fragilisent gravement l'exercice de la représentation.

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