Il y a 10 ans déjà, Brigitte Périllié infigeait alors une double défaite au Maire sortant de Vif de l’époque, le battant aux élections municipales d’une courte tête et le battant très largement aux élections cantonales.
Qu’en est-il 10 ans plus tard ?
Brigitte Périllié est confrontée à la crise d’un territoire empêtré dans des polémiques permanentes qui bloquent les projets.
Elle est aujourd’hui fragilisée puisque le Maire sortant qu’elle avait battu en 2001 a pris « sa revanche » en 2008. Le mot « revanche » paraît très approprié en l’espèce tant l’animosité personnelle semble considérable à la lecture des déclarations musclées échangées entre les intéressés.
Sous des aspects polis, Brigitte Périllié est probablement d’un tempérament très dogmatique. Cette ex- adjointe au Maire de St Egrève, parachutée en 2001, s’est engagée dans la cause des « femmes » et en dehors de ce sujet il est difficile de lui trouver d’autres thèmes permanents de prédilection. De 2001 à 2008, la Mairie de Vif lui assurait une logistique et des moyens évènementiels. Faute de cette logistique, il est bien difficile de citer un dossier cantonal qui ait avancé depuis 2008 même au niveau de base d’animations locales.
Si, pour son premier mandat (2001-2008), elle avait pu compter sur l’élan des investissements considérables concrétisés par son prédécesseur (nb : en septembre 2001, Brigitte Périllié a inauguré le collège de Varces financé et construit du temps de son prédécesseur sans même le convier à cette ouverture ce qui en dit long sur le niveau de « tolérance » de l’intéressée …), pour le second mandat, elle est à la remorque des dossiers municipaux que les élus concernés gèrent de façon solitaire ou directe avec les services du Conseil général.
Les réunions de concertation intercommunale sous l’initiative du Conseiller Général ont pris fin. Des Maires se vantent même de traiter directement avec le Président du Conseil Général qu’ils rencontreraient en l’absence de Brigitte Périllié ; ce qui est un déclassement grave de la fonction même de représentante d’un canton.
Bref, c’est le mandat de la crise généralisée. Tout semble rompu : du dialogue comme des projets.
Elle a gagné de peu en mars 2008 dans des conditions pourtant particulières. Elle fut la seule candidate de toute la gauche sans la moindre candidature d’un Vert, d’un PCF ou même d’un extrême gauche. Déjà seule à gauche, elle a pu compter sur l’aide d’une partie de la droite sarkoziste qui avait alors inventé, avec un sens d’anticipation, les « candidats masqués » puisque des « sans étiquette » mais UMP encartés l’ont significativement aidé par de multiples moyens : depuis une dissidence habilement manoeuvrée jusqu’à des appels de votes discrets mais avérés. Même dans ce contexte très favorable, Brigitte Périllié a été minoritaire dans 4 Communes sur 6 !
Tout ce « petit monde » se déchire désormais de façon quasi-hebdomadaire pour se passer le mistigri des échecs devenant souvent une caricature de proximité des travers qui poussent l’opinion dans l’abstention ou des votes extrêmes.
C’est donc un triste dixième anniversaire pour les contribuables du Canton de Vif que cette date de mars 2001 car les aides départementales ont comparativement fondu comme neige au soleil et faute d’assister à des débats sur des projets, c’est le temps des querelles tous azimuts.
Le canton de Vif est ainsi devenu un triste exemple d’une couverture institutionnelle qui n’existe déjà plus dans les faits dans l’attente de la mise en oeuvre de la réforme territoriale de mars 2014.
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