Nous assistons actuellement à des élections du troisième type : la naissance des candidats sans drapeau.
D’ordinaire, une élection c’est une compétition à la loyale : un tempérament, un programme précis, un drapeau.
Là, les tempéraments sont souvent fondus dans des considérations vagues destinées à s’adresser à toutes les catégories électorales.
De programme précis : pas la moindre trace mais à la place un vague catalogue de bonnes intentions contre lesquelles il est impossible d’être.
Le drapeau, c’est d’ordinaire l’engagement global. Là aussi, pas de drapeau, pas de référence à un parti politique y compris parfois celui au nom duquel des candidats ont pu se battre avec fièvre pour être sur une liste par exemple lors de régionales de mars 2010.
C’est un fait sans précédent. D’ordinaire, en temps de crise politique, c’était le moment pour tester les tempéraments. Là, le parti (l’UMP) qui veut livrer la bataille de l’identité nationale n’a même pas été capable de gagner la bataille de sa propre identité.
Ses candidats se cachent. Ils rasent les murs. Ce sont si souvent des professionnels de la politique que perdre un mandat leur semble impossible. Alors il vaudrait mieux tricher sur les ancrages politiques, nier les évidences, ne pas livrer combat, changer de maillot en cours de compétition. Sur 2026 cantons qui font le scrutin de mars 2011, 1 000 d’entre eux connaîtraient cette situation de « faux candidats sans étiquette ».
Comment mériter la confiance dans de telles conditions ?
La secousse des cantonales de mars 2011 s’annonce terrible mais de telles pratiques y contribuent fortement aussi.
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