Dans les actuelles enquêtes d'opinion, le chiffre le plus important n'est jamais évoqué : le pourcentage cumulé des personnes qui ne sont pas certaines du choix exprimé. Ce pourcentage vise notamment les personnes qui se réfugient derrière la mention "ne sait pas" mais aussi celles qui indiquent que le choix n'est pas certain. Selon les enquêtes, ce chiffre dépasse parfois très largement les … 60 %.
C'est dire combien des mouvements d'opinion sont possibles et probables. Pourquoi ?
Parce que l'opinion n'a pas encore arrêté son critère de responsabilité face à la crise.
Elle a envie de sanctionner les "infirmiers" de la crise : ceux qui la gèrent actuellement. C'est la façon pour manifestement son mécontentement.
Elle a envie de promouvoir de nouveaux combattants dont les protestataires qui incarnent le "régime de cheval" contre des maux qui ne disparaissent pas assez rapidement. Mais l'opinion a peur que ce régime n'aggrave la situation à terme.
Elle rêve de sauveurs extérieurs qui accepteraient de mieux s'occuper du redressement. C'est le créneau de DSK en France ou d'un Jon Huntsman aux Etats-Unis. Ils sont épargnés par la crise et bâtissent une partie de leur actuelle popularité sur le fait d'accepter d'aller dans une mêlée qui n'est pas la leur aujourd'hui. Pas sûr que ce registre soit efficace à moyen terme ?
L'opinion est donc insaisissable parce qu'elle cherche une réponse difficile à une question complexe. Ce caractère insaisissable est preuve de maturité, de responsabilité. Il faut donc attendre avec pragmatisme que l'opinion franchisse les diverses étapes de sa structuration pour que des décisions sérieuses puissent être mises en oeuvre.
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