Denis Bonzy

2012 : la place nouvelle des émotions

Nicolas Sarkozy s'essaie manifestement à une nouvelle communication principalement axée sur les émotions. Les derniers temps forts de sa communication tournent autour de la gestion d'émotions collectives : le meurtre de la jeune Laetitia, la détention d'une française au Mexique …

C'est un chapitre neuf dans la communication publique française. Cette logique semble avoir été travaillée de longue date. Elle était d'ailleurs annoncée dans un article du Monde du 05/11/08 dans lequel l'un des conseillers du Président axait l'avenir sur l'émotionnel : "registre le plus fort qui donne de l'épaisseur humaine".

C'est un choix risqué. Tout d'abord, il n'est pas exempt de risques majeurs.


Dans le dossier de la détention au Mexique, l'opinion est surprenante. Un étranger en France impliqué dans un dossier "sensible" est supposé délinquant tandis qu'un français à l'étranger impliqué dans un dossier identique est supposé durablement … innocent. Cet exemple montre, si besoin était, que l'émotion chasse la raison, c'est son premier danger.

Ensuite, l'émotion du jour est vite chassée par … l'émotion suivante. Il y a donc un second risque de surenchère permanente.

Enfin et surtout, en France, l'émotion doit être éloignée du Pouvoir. Un Pouvoir efficace prend ses décisions à l'abri des clameurs et des pleurs. Cette logique nouvelle casse cette tradition française. L'opinion française est-elle prête à une telle évolution ?

C'est une inconnue. Reste à suivre les prochaines enquêtes et les résultats alors constatés.

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