Denis Bonzy

Péages urbains : à quand le débat sur le plafond de la dépense publique en France ?

Sur les 3 dernières années, l'INSEE indique que 40 % des salariés français n'ont pas eu d'augmentation salariale. Cette situation signifie concrètement que toute hausse sur des postes courants des budgets des familles entraîne une diminution du pouvoir d'achat puisque la recette de base est stable.

Dans la comédie de jeudi soir, Sarkozy s'est bien gardé de répondre à la question sur le niveau des taxes qui font 75 % du prix de l'essence en France. Bien entendu, les faire valoir qui étaient en face de lui n'ont pas relancé.

Dans ces circonstances, l'un des pays les plus imposés au monde et en même temps l'un des plus endettés n'ouvre toujours pas la question du plafond de la dépense publique continuant une permanente progression de cette dépense publique dans l'opacité la plus totale sur les affectations et sur les justes coûts.

Il y a actuellement deux zones de ruptures profondes entre l'opinion et les responsables politiques :

– l'éthique,

– la responsabilité.

Quand l'opinion peine à boucler ses fins de mois, il n'est pas concevable de la provoquer par un train de vie deconnecté des réalités de chacun. Quand des services publics de première importance comme la justice voient des magistrats économiser les fournitures en recyclant le verso de formulaires, en payant de leur poche leur bic cristal … il n'est pas concevable de dépenser en une seule soirée des dizaines de milliers d'euros en petits fours pour 3 000 privilégiés le temps d'une cérémonie des voeux en Préfecture par exemple.

Quant à la responsabilité, c'est le … toujours demain. L'erreur ou la faute est reconnue mais les conséquences seront tirées quand la même erreur ou la même faute se reproduira … la prochaine fois.

Le sujet des péages urbains qui devient d'actualité dans des villes moyennes de France c'est la caricature de la course au toujours plus. Aux Etats-Unis, les péages sont nés pour financer les remises en état de ponts quand les villes étaient au bord de la faillite. Quand on voit des responsables PS s'élever contre l'injustice de la TVA qui frappe les consommateurs, qu'en est-il de la redevance d'un péage urbain ? Ne frappe-t-elle pas les usagers c'est à dire les consommateurs de la voirie sans discernement ? Mais là c'est leur propre gestion qui impose cette fuite en avant, donc la redevance se justifie…

Pourquoi les dépenses locales ne sont-elles toujours pas visées par les données publiques accessibles via Internet ?

Pourquoi le contribuable ne peut pas connaître en ligne le détail des budgets de communication, les rémunérations des fonctions de collaborateurs, le nombre des membres des cabinets … : autant de postes financés par l'impôt qui pourraient connaître des économies considérables sans baisse de la qualité du service public ?

Bref, à quand un débat sérieux sur le plafond de la dépense publique en France et les redistributions alors nécessaires au sein de ce plafond ?

Commentaires

Laisser un commentaire