La discrétion des vieux médias sur le drame du surendettement d'Amiens est la dernière illustration de la crise grave d'information qui frappe la France.
Mardi sur France 2, le débat sur la crise a été pathétique. Erik Orsenna, grand profiteur du système Mitterrand, nommé au tour extérieur dans un grand organisme d'Etat qu'il n'avait pu intégrer par la règle du véritable mérite donc du concours, se plaint de ne pas payer assez d'impôts avant de repartir dans son appartement parisien de grand bourgeois et de se lover confortablement dans des draps de soie très probablement.
Il n'est même pas venu à l'idée du docile porteur de micro qu'est Pujadas de lui suggérer … la donation qui n'est pas interdite pour des causes sociales notamment.
A Amiens, une famille frappée de surendettement se suicide dans un département où plus de 5 000 personnes ont été enregistrées dans la seule année 2010 comme des inscrits supplémentaires. Ils ont commis cet acte dans les heures qui ont précédé la visite des lieux pour leur saisir leurs meubles.
Quel Etat lamentable que celui qui ne sait, comme la France actuellement, être fort qu'avec les faibles et qui est si faible avec les forts.
Un Etat où les élus de gauche, à quelques exceptions près, sont devenus les roitelets locaux avec leur Cour des princes, des barons et des marquis : ces professionnels de la politique qui cumulent les représentations locales et tiennent un discours de gauche mais protègent leur vie personnelle de "bons bourgeois" grâce au cumul des indemnités et parfois même d'un emploi si peu occupé pourtant. Où est la frontière entre l'emploi fictif et l'emploi de complaisance qui n'occupe que quelques heures ?
Les élus de droite semblent maintenant les affidés du grand capital dans des conditions caricaturales : l'Oréal, Servier, banques, grande distribution … tout leur est permis quand le "système" est implacable pour l'artisan, l'agriculteur, la TPE, la PME.
Les premiers peuvent creuser des trous gigantesques dans l'impunité la plus totale, même plus le simulacre d'une commission d'enquête vouée à l'impuissance, tandis que les seconds peuvent tout perdre y compris leur patrimoins personnel auquel toute leur vie peut les rattacher.
Au moment où les candidats à la présidentielle 2012 commencent leurs parades nuptiales devant l'opinion, ce sont des excuses qu'ils devraient commencer par présenter pour ne pas avoir eu la lucidité, le courage, la liberté (?) pour changer un tel système gravissime sur le fond et avec une information qui nous parle de la Tunisie, du mariage du benêt anglais ou de l'héritier monégasque qui n'a jamais rien fait mais cette information officielle jette le voile sur des drames comme celui d'Amiens quand ce n'est pas la culpabilisation de cette famille pour avoir cédé aux sirènes du surendettement.
Un tel décalage ne peut que faire naître de la colère. C'est une colère que "le système" n'entend peut-être pas encore mais elle monte pourtant de plus en plus fort des provinces que les monarques modernes fréquentent, il est vrai, aussi peu …
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