A la différence de 2005 et 2006, de façon atypique, la vie politique française est actuellement très prude concernant le second tour 2012. Tout reste concentré sur deux indicateurs pour les sondages publiés :
– le niveau des bonnes opinions,
– l'état des forces au premier tour.
Cet état d'esprit occulte la réalité de la mentalité du vote : désigner le gagnant.
Cette volonté de désigner le gagnant structure directement le premier tour par l'effet du vote utile.
Le vote utile crée sa propre dynamique.
Or, depuis plusieurs semaines, une tendance nouvelle s'installe : la grande difficulté pour Nicolas Sarkozy à gagner un second tour. La semaine dernière l'Ifop et Planet.fr ont publié une enquête réalisée début octobre 2010 auprès des 50 – 65 ans, segment traditionnellement assez favorable à Nicolas Sarkozy. Même sur ce segment, il perd au second tour 55 / 45 face à Martine Aubry. Sa capacité de rassemblement est considérablement érodée.
Or, le second tour est d'abord une faculté à rassembler, à unir, à apparaître comme une synthèse.
Il serait bien étonnant que cette réalité du second tour n'impacte pas les choix du premier tour. Il y a combien d'électeurs de l'UMP qui accepteront de se contenter de gagner le premier tour en ayant l'assurance de perdre le second ? Combien d'entre eux persévèreront dans un vote du premier tour qui fait gagner … la gauche au second ?
Il serait souhaitable que les intentions de votes au second tour commencent à être plus présentes dans les sondages publiés.
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