Denis Bonzy

UMP 38 : Christian Bec : « défendre la réforme des retraites proposée par Nicolas Sarkozy »

NB : M. Christian Bec est un spécialiste reconnu de la question des retraites. Il nous livre ci-dessous son point de vue sur ce sujet d'actualité :

"L’affaire Bettencourt a pollué le débat sur les retraites mais ne doit pas pour autant faire oublier la nécessité de la réforme.

Cette affaire regrettable m’inspire les observations suivantes :

1-Les sommes mises en cause, les soupçons sur la classe politique et les effets du bouclier fiscal ont aggravé l’incompréhension et la fracture entre les plus démunis et le pouvoir en place. Sur le fond, les sommes étalées au grand public sont insoutenables alors que la crise accentue le sentiment d’appauvrissement et la nécessité de faire des efforts au quotidien. Sur la forme,


 la lecture a été brouillée par l’acharnement des médias et de la presse visant à déstabiliser le gouvernement. L’exagération et la diffamation ont pris le pas sur le discernement et la neutralité.

2- L’acharnement médiatique dont a fait l’objet Eric Woerth est pour le moins surprenant et grave. Sa principale faute ne consiste t-elle pas à vouloir mener à son terme la réforme des retraites ? L’épisode médiatique de cet été confirme la puissance et le pouvoir de la presse et des médias qui peuvent influencer l’opinion par des stratégies de communication adaptées et orientées.

3- Durant toute la période, la communication du pouvoir en place est parfois maladroite pour faire face aux différentes accusations. Ces maladresses sont présentées comme des mensonges récurrents par l’opposition. La communication, tant sur le fond que la forme, demeure une arme à double tranchant, redoutable pour le pouvoir.

4- L’été 2010 a accentué la perte de confiance envers la classe politique. Les journalistes ont une large part de responsabilité dans ce processus. Paradoxalement, la perte de confiance enregistrée par le gouvernement ne se traduit pas par une augmentation de confiance chez les socialistes. Chaque camp ressort perdant de cet épisode caricatural et estival.

En ce qui concerne les retraites, la nécessité de la réforme est évidente. Elle répond à une analyse impartiale des chiffres. En 2010, le déficit des régimes de retraites (en intégrant la fonction publique) est de 32 Mds d’euros. A l’horizon 2020, le déficit sera de l’ordre de 43 Mds d’euros (15 pour le régime général et 28 pour les régimes de la fonction publique). L’âge moyen de cessation d’activité en France (59 ans et 4 mois) est inférieur de près de deux ans à la moyenne européenne.

En 2040, un Français sur trois aura plus de 60 ans contre 1 Français sur 5 actuellement. Les deux causes génériques pour défendre la nécessité de cette réforme sont d’ordre démographique et budgétaire. Cette réforme répond avant tout à une générosité intergénérationnelle. Il faut garantir aux jeunes générations qu’elles ne seront pas spoliées, que leurs cotisations leur donneront droit à une retraite.

Le système actuel par répartition est menacé, du fait du changement désormais bien connu de notre structure démographique qui se traduit par un vieillissement rapide de la population dû à un faible taux de natalité et un allongement spectaculaire de l’espérance de vie. Il apparait alors normal que l’allongement de la durée de vie soit judicieusement partagé entre la période d’activité et celle de la retraite.

Cette réforme présente l’avantage de sauvegarder l’équilibre global du système des retraites et de réformer dans la continuité et sans rupture brutale.

Christian Bec

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