Les différences entre les campagnes électorales françaises et américaines demeurent considérables. Elles tiennent parfois au cadre légal à l’exemple de l’interdiction en France des publicités politiques commerciales ou des contraintes particulières de financements.
Bien au-delà de ces contraintes légales, il est une différence qui subsiste de façon surprenante : la relation entre le pouvoir et les citoyens.
En France, la plongée sur le terrain est brève. Elle respecte toujours le même rituel : amener des citoyens dans un endroit fermé pour qu’ils entendent un long discours.
Aux Etats-Unis, c’est le candidat qui va au devant des citoyens dans leurs lieux de vie. S’il y a discours, à l’exception de diners, il sera bref et à l’extérieur. L’uniforme du pouvoir (le costume) est laissé au vestiaire. Tout est dans la proximité. C’est l’étape où le pouvoir sortant ou prochain est au coin de la rue. Il est possible de le « toucher », voir « la bête sur pied ».
La plongée sur le terrain est alors absolue. Un candidat à la primaire républicaine 2012 comme Mitt Romney va visiter 30 Etats d’ici le 2 novembre soit plus d’un Etat par jour. On est loin des sauts de puces des voyages officiels français où la descente en province appelle le retour quasi immédiat sur Paris.
Ces différences sont lourdes de sens sur les relations entre les citoyens et le pouvoir. En France, le pouvoir fait des concessions aux citoyens. Il consent à les écouter, dialoguer, se rapprocher. Une véritable démocratie moderne vit le contraire. C’est le citoyen qui consent à déléguer une partie de son pouvoir et si l’exercice ne lui paraît pas bon, il le reprend et change de représentant. La France est bien une monarchie républicaine. Pour longtemps encore ?
Laisser un commentaire