Denis Bonzy

Affaire Bettencourt – Woerth : tous gagnants et tous … perdants

L'Ifop a publié hier une note technique très intéressante sur la synthèse des enquêtes depuis le début de l'affaire Bettencourt – Woerth.

Les chiffres traduisent-ils des évolutions profondes de l'opinion ? Non.

Chaque lecture partisane est confortée mais sans plus.

Pour les proches du PS, c'est la démonstration, une de plus, des relations privilégiées entre le pouvoir et les puissances économiques.

Pour les proches de l'UMP, c'est la preuve que la "machination est partout".

Par conséquent, l'affaire en question ne fait pas bouger les lignes. Même le FN reste stable sur ce terrain car le FN ne gagne des points significatifs qu'avec les poussées d'insécurité.

Donc, premier résultat des chiffres : tous gagnants car chacun prend dans l'affaire ce qui conforte ses convictions initiales.

Mais, en même temps, tous perdants, parce que la politique dans son ensemble impose de la "distance" ; ce n'est plus une "activité noble". Elle augmente sa mauvaise image de marque.

Derrière bon nombre des actuels dossiers de crises, c'est là le principal danger à très court terme : donner le sentiment que la citoyenneté n'est plus le point de passage obligé pour régler les sujets collectifs et individuels. Cette crise là est la pire de toutes. Comment penser que la France, patrie des droits de l'Homme et du Citoyen, puisse incarner cette évolution là ?

Ce doit être la première grille de lecture pour apprécier les propositions actuelles dans les sorties de crises : qui cherche à recréer du lien civique et comment ? Celui ou celle qui travaille dans cette direction fait oeuvre utile même si, dans le feu de l'action, son message peut être difficilement audible actuellement.

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