L’actuel débat sur l’affaire financière Bettencourt-UMP laisse mal augurer de la volonté et de la capacité de notre pays à reconnaître la matérialité de faits permettant des réformes sérieuses dans ce domaine comme dans d’autres.
La question de l’argent dans la vie politique Française n’a toujours pas été réglée. C’est un serpent de mer qui fait régulièrement son retour à la une en fonction d’une actualité vengeresse.
Des records d’hypocrisie sont atteints dans des conditions gravissimes.
1) La légalité Française viserait à protéger une forme d’égalité devant l’argent : faux. C’est un régime particulièrement inégalitaire et qui, par la non limitation de fait de la communication relevant de l’argent public, face au plafond des dépenses électorales entraîne une rente de situation pour les sortants dans des conditions rarement connues dans d’autres démocraties comparables.
2) Le dispositif actuel serait clair et sain : faux. Il n’est pas clair à l’exemple caricatural de la définition des « dépenses nouvelles » susceptibles d’être réintégrées dans des comptes de campagnes. Mais surtout, il est profondément malsain. La part d’interprétation du juge en cas de contentieux est trop grande. Les modalités de contrôles sont quasi-inexistantes. Quant à la présidentielle, le contrôle a posteriori vide la notion même de contrôle. Imagine-t-on l’annulation d’une présidentielle pour cause de dépassement du plafond des dépenses ?
Ce dispositif institutionnalise l’hypocrisie voire le mensonge.
3) La question principale n’est pas d’interdire mais de connaître la vérité. L’interdiction est contournée. Seule la vérité dans la transparence est une frontière sérieuse en s’en remettant ensuite au bon sens des citoyens.
La publication annuelle certifiée des budgets des comptes des formations politiques dont leurs instances départementales avec la publication des donateurs serait de nature à protéger la vérité.
Il est préférable pour une démocratie que le citoyen sache que tel ou tel dirigeant économique finance et puisse ensuite apprécier si ce financement peut expliquer telle ou telle mesure plutôt que de mettre en place une opacité qui ne permet pas au citoyen de savoir à l’exception de tel ou tel accident éventuel.
La meilleure protection d’une démocratie est triple :
– un cadre très simple où la règle est l’autorisation,
– cette simplicité permet un rapport clair à la vérité,
– pour que le citoyen puisse se décider en connaissance de cause.
Dès que l’on sort de cette logique, les dangers sont grands.
Actuellement, la « crise de nerfs » de bon nombre de responsables politiques laisse mal augurer d’une réforme qui serait nécessaire parce que l’actuel régime n’a rien réglé des questions sérieuses posées dès les années 80 et dont il est à craindre que les maux anciens n’aient pris de l’ampleur.
Ce matin sur France Info, Dominique de Villepin a effectué des propositions concrètes de qualité : voir vidéo ci-dessous :
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