La crise économique actuelle est au centre d'une question de fond : est-elle une crise comme les autres (celles qui ont été dépassées) ou une crise à part des autres ?
Il y a actuellement trois facteurs de singularité :
1) D'ordinaire, la dépense publique vient au renfort de la relance. Là, la dépense publique va "au renfort" de l'austérité. La crise des dettes publiques arrive au plus mauvais moment puisqu'elle prive les Etats de ce soutien habituel par la dépense publique : grands chantiers, aides diverses …
2) D'ordinaire, les banques affirment leur rôle de pilier de l'économie. Là, les banques sont fragilisées. La réforme de Wall Street va amplifier cette fragilité en tarissant certaines sources de profits (les marchés dérivés), en entraînant de fait une modification de leur cotation. La relance de leurs bénéfices ne passe plus par les marchés financiers dérivés mais par le rebond des fusions-acquisitions.
3) Les nouvelles technologies changent l'impact des informations dans le temps comme dans l'espace. Tout va plus vite et "plus loin".
Ces trois facteurs entraînent une chaîne considérable de conséquences.
Les programmes de réduction des dépenses publiques sont intervenus en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Grande-Bretagne. Il n'y a aucun facteur technique pour que la France puisse rester à l'écart de cette tendance longue. La seule question est de savoir quand la France passera à l'étape de la reconnaissance officielle de l'austérité.
Ce qui est étonnant, c'est ce décalage dans le temps qui amoindrit l'aspect volontaire. La France donne le sentiment de subir sa diète publique plutôt que de la mettre en oeuvre avec énergie.
Ce décalage traduit surtout la difficulté à rendre les arbitrages car ils sont nombreux et lourds. L'entrée dans la véritable austérité va changer la donne politique. Quel sera le présidentiable capable de définir le nouveau contenu des relations entre l'espoir et cette crise ? Celui qui y parviendra prendra un avantage certain pour 2012 car toute élection est d'abord un temps d'espoir mais à la condition qu'il soit réaliste.
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