Chaque jour apporte désormais son lot d'informations de vols graves, de home jacking … Et encore ces informations exposées par voie de presse ne sont très probablement qu'une infime partie des actes graves commis car chacun d'entre nous a connaissance d'autres faits de vols d'habitations ou de locaux commerciaux.
Dans le match entre la délinquance et les autorités, la première gagne par KO.
Mais le match est-il sérieusement livré ?
Il y a matière à en douter.
1) Le PS n'a toujours pas abordé la question de l'insécurité en acceptant d'intégrer certaines réalités. Le récent débat à Grenoble sur la vidéo-protection est caricatural. Débattre une soirée pour 14 caméras là où des villes étrangères les installent par centaines relève d'une caricature d'immobilisme ou d'arrière-garde.
2) Les polices municipales ne sont pas adaptées à leurs nouveaux défis : travailler de nuit, effectuer des patrouilles régulières dans les quartiers les plus exposés, renforcer les effectifs. Bref, tourner la page de l'esprit du garde-champêtre qui surveillait les sorties d'écoles et se comportait en gardien des civilités. Aujourd'hui, les polices muncipales devraient être des forces d'élite pour lutter contre une criminalité performante ayant franchi plusieurs seuils de violences en quelques années. L'Ile de France et la région PACA relèvent ces défis avec des polices municipales remarquablement équipées, disposant du nombre nécessaire de personnels mais aussi des équipements de première qualité.
3) Les forces de l'ordre relevant de l'Etat ont-elles, elles aussi, la volonté (la capacité ?) de lutter contre les délinquances sur tous les territoires ? Là aussi, il y a matière à en douter. Des postes de gendarmerie sont fermés entre 12 et 14 heures ; ce qui dénote une conception très particulière de la continuité du service public comme de l'urgence d'intervention. La part du temps consacrée à la répression routière demeure très importante.
Jusqu'à quel seuil de gravité de la délinquance faudra-t-il encore évoluer pour que les autorités publiques toutes confondues réagissent ?
Il y a là une étonnante démonstration de décalage entre les discours et les réalités, de terrain perdu par les lois de la république. C'est une régression inquiétante qui intervient dans une quasi-indifférence sauf que le regard de chacun sur l'agglo est en train de changer pour devenir un territoire d'inquiétudes pour les uns et de peurs pour les autres.
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