Le discours sur la crise entraîne souvent la crise du discours politique classique.
Il y a un moment où l’opinion veut plus et différent.
C’est l’espace occupé par le Mouvement Tea Party aux Etats-Unis.
Les premiers signes datent de novembre 2009 : victoire de Brown à Boston en effectuant sa tournée avec un véhicule cabossé affichant 220 000 Km au compteur et la percée de Rubio en Floride basée sur son parcours personnel de fils de barman, ses difficultés, sa connaissance de la « vraie vie ».
Compte tenu des territoires concernés (l’Amérique des « rivages »), de tels faits ne pouvaient qu’annoncer des mouvements de fond dans des « territoires plus profonds ».
C’est désormais le cas.
Mais ce phénomène, souvent présenté comme l’échec d’Obama, est d’abord une épreuve pour le Parti Républicain. Il radicalise sa doctrine et menace son unité. Là aussi, la situation de la Floride est significative avec le maintien de Crist en indépendant.
Il faut attendre les prochains scrutins pour voir le niveau de dynamique de cette tendance qui est d’abord la revanche du peuple sur les élites et sur la crise.
Ce désir de revanche ouvre de nouveaux espaces. Il est certain que les élites politiques s’exposent à des colères violentes lorsqu’elles s’éloignent de considérations de bon sens. En France par exemple, le dossier des deux logements de Christian Estrosi (affaire sortie ce jour par le Canard Enchaîné) creuse gravement un fossé déjà profond entre l’élite politique et … le reste de la population. Les professionnels de la politique sont devenus trop protégés face aux contraintes de la vie de tous les jours.
Comment se revendiquer comme représentant de personnes dont on ne partage pas les mêmes soucis ?
Ce Mouvement Tea Party mérite un examen attentif car il s’annonce comme le précurseur d’évolutions qui pourraient concerner beaucoup d’autres démocraties dont la France.
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