Denis Bonzy

Législative partielle du Sud Isère : à trois semaines d’une élection test

Dans trois semaines se déroulera le premier tour de la législative partielle du Sud Isère. Un point technique d'étape parait nécessaire. C'est une élection intéressante sur 5 tableaux.

1) Le rapport global gauche / droite : purgée du facteur personnel de Didier Migaud, la droite exprime manifestement sa volonté de gagner une circonscription politiquement équilibrée. En 2007, Nicolas Sarkozy était arrivé en tête lors de la présidentielle et largement. Le rééquilibrage est intervenu lors du découpage de 1986 lorsque Vizille et une partie de Fontaine ont été des géographies affectées à d'autres circonscriptions. Avec un tel découpage, en 1978, Pierre Gimel aurait battu Louis Maisonnat par un 53 / 47 … La droite a raté le rendez-vous de 1993 offrant alors une faculté d'implantation à un député PS talentueux. Elle voit dans le départ de ce député une "nouvelle chance".

Sur ce rapport équilibré, la sensibilité qui va créer la différence sera donc un marqueur de tendance digne d'intérêt.

2) La division à gauche / l'union à droite : le Nouveau Centre a décidé de ne pas présenter de candidat. Cette décision appelle deux constats. D'une part, le Nouveau Centre présente un candidat quand la gauche est unie derrière une seule candidate allant de l'extrême gauche aux écologistes (cantonales de Vif 2008) et ne présente pas de candidat quand la gauche est plurielle … La cohérence est à rechercher et montre bien que seules des considérations personnelles guident localement cette petite formation satellite de l'UMP sans réelle indépendance de décision. D'autre part, c'est un choix qui prive les électeurs de droite déçus par la politique présidentielle d'un "vote de repli" en dehors du ticket UMP.

Est-ce que ce choix gonflera le score du Front national ? C'est le second point technique à observer.

3) Le ticket UMP est le seul à ne pas être composé d'une parité homme / femme. La partielle est marquée par une forte présence de femmes en tête des tickets : PS, FN, Verts. Est-ce que l'absence d'une femme sur le ticket UMP est de nature à démobiliser une partie de l'électorat féminin ?

4) Le ticket UMP devrait arriver largement en tête du premier tour. L'UMP compte un seul ticket pour tout l'électorat de la droite républicaine puisqu'il n'y a pas de candidat Nouveau Centre, pas de candidat "divers droite", pas de candidat Modem.

Le seuil naturel plancher de ce ticket au premier tour est de l'ordre de 40 %.

Quel sera l'écart avec le candidat arrivé en seconde position ? Cet écart sera-t-il assez important pour créer un électrochoc avec la prime au "gagnant du premier tour" ?

Plus les écologistes vont réaliser un bon score, plus ils vont tasser le score du PS donc permettre à l'UMP de creuser l'écart. Est-ce au prix d'un PS à moins de 30 % ? Ce sera un indicateur important pour créer l'ambiance du second tour.

5) Dans le tissu urbain du "bas" de la circonscription, quel sera l'impact de la montée d'insécurité dans l'agglomération : 9 avril + fusillade du KFC + meurtre du 7 mai …?

Est-ce que ce "climat" va pousser un vote protestataire urbain particulier ? Si ce vote protestataire est fort et que la participation rurale est faible, quel impact sur le score FN global classique ?

Ce volet technique montre en effet que le score du 1er tour sera d'abord un enjeu de mobilisation des camps en présence.

Sur une participation globale de l'ordre de 35 %, c'est la sensibilité qui se mobilise qui peut radicalement changer la donne. Ce sera le dernier indicateur technique important.

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