Les conditions d'examen et d'annonce des mesures de destruction des habitations figurant en zone dangereuse suite à la tempête Xynthia relèvent d'un véritable scandale d'Etat.
Tout d'abord, il importe de rappeler qu'une habitation est une composante à part entière d'un projet de vie et de l'identité d'individus. Ce n'est pas un bien matériel jetable.
Ensuite, qu'il y ait matière à prendre des mesures ultimes, c'est possible. Mais encore faut-il préalablement explorer toutes les autres voies techniques dont le renforcement des mesures de protection. Dans l'impossibilité absolue de protéger une zone, il est alors et alors seulement envisageable de recourir à des mesures ultimes. Là il n'est pas question d'avoir exploré les mesures techniques éventuelles.
Enfin, où sont passés les Ministres qui, pendant la campagne, parcouraient les lieux pour exploiter la compassion ponctuelle ? C'est un Préfet qui est abandonné au milieu du gué pour prendre tous les coups.
C'est un triste spectacle d'Etat.
Cet Etat qui est si faible avec les forts (banques, grande distribution …) mais si fort avec les faibles que sont des citoyens seuls. Comme l'indique avec gravité la revue Challenge cette semaine, Nicolas Sarkozy n'a pas pour partenaires les députés UMP mais les dirigeants du CAC 40, c'est la "confrérie des puissants".
Cet Etat qui punit, qui sanctionne mais qui ne protège pas. Tout est matière à divisions, à querelles, à sanctions. Il y a une violence culturelle de ce pouvoir qui est inquiétante. Elle se retrouve d'ailleurs dans des conditions parfois locales de fonctionnement d'instances qui soutiennent cette majorité présidentielle. Des décisions de cette importance ne méritent-elles pas davantage d'écoute, de travail sur le terrain dans la transparence …?
A mes yeux, c'est une nouvelle étape dans la désapprobation qui s'ouvre avec de telles méthodes qui ne peuvent être tolérées. J'espère que des responsables publics nationaux appelleront à d'autres méthodes. S'ils ne le font pas c'est la preuve que cette génération est dans un machisme et un cynisme d'exercice du pouvoir qui imposent rapidement de tourner la page car elle ne mérite pas la confiance populaire qui peut lui être déléguée.
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