J'ai quelques difficultés ce week-end à imaginer l'état d'esprit de militants de l'UMP et du PS après la lecture du magazine Le Point avec la couverture consacrée à DSK.
La page 48 doit être un électrochoc quasi-insurmontable.
En 2007, le militant UMP collait pour le candidat de la rupture, celui qui "renvoyait le socialisme au musée …". Une fois installé, on découvre que les conseillers de Sarkozy sont souvent ceux de DSK.
Alain Minc, visiteur du soir des deux, Stéphane Richard qui est Directeur de cabinet de C. Lagarde (maintenant Pdt d'Orange) après avoir été Conseiller technique de DSK … et la liste s'égrène. Finalement de très nombreux conseillers du "créateur de la rupture" sont les ex du socialiste modéré que fut DSK.
J'imagine aussi l'actuel militant du PS révolté par la "politique de droite" conduite par Sarkozy (au passage conseillé par les ex collaborateurs de DSK) qui milite pour 2012 et le retour de DSK afin de vivre un "socialisme humain" après la "droite brutale" et qui, en cas de succès de DSK, retrouverait auprès de ce nouveau Chef d'Etat les ex-collaborateurs de Sarkozy revenant à la source c'est à dire DSK qu'ils avaient conseillé avant d'effectuer leur mue passagère chez Sarkozy.
Et après de telles situations, il faut encore s'interroger pourquoi l'abstention progresse. Parce que le citoyen que l'on cherche à culpabiliser a enfin ouvert les yeux sur les "paroles d'élections trahies dès le lendemain" et les "alternances" … entre les mêmes dans la coulisse.
Entre une vie publique qui succomberait à la guerre civile permanente et une vie publique dominée par toujours les mêmes responsables, n'y aurait-il pas matière à une voie médiane ?
La France compte-t-elle aussi peu d'élites pour que le pouvoir soit ainsi monopolisé par une petite caste intouchable ?
Y a-t-il un seul candidat parmi les "classiques" qui échappe à cette situation ?
Comment parler d'une société bloquée quand ses "élites" ne changent pas même quand l'alternance politique est supposée intervenir ?
Tout se réunit progressivement pour une manifestation de colère. Lorsqu'elle interviendra, ce n'est pas la colère qu'il faudra dénoncer mais saluer la patience qui l'aura précédée.
Laisser un commentaire