Marc Baïetto est le nouveau président de la Métro, succédant à Didier Migaud. Il est un excellent technicien connaissant les dossiers de l’agglomération grenobloise et les traitant de longue date avec tolérance et compétence.
Cette période a introduit deux modifications majeures.
D’une part, la 4ème circonscription a perdu le décideur public qui lui assurait un traitement privilégié. Si étaient listés tous les dossiers débloqués par Didier Migaud au titre de la Métro ou par la réserve parlementaire sur le territoire de la 4ème circonscription de l’Isère, cette liste serait impressionnante.
D’autre part, les conditions de désignation du Président ont été marquées par l’échec de la candidature de Michel Destot. Cet échec estd’une particulière gravité. Il semble avoir été le fruit d’élus de « petites Communes » qui refusaient le leadership de Grenoble. C’est là le débat de fond. La Métro doit-elle vivre comme une mutuelle de redistribution ou doit-elle être le cadre de structuration d’un bassin de vie ?
Si domine la seconde hypothèse, il ne peut y avoir d’opposition entre les « petites Communes » et la réussite de Grenoble. Cet état d’esprit est d’ailleurs spécifique à Grenoble. Dans toutes les autres agglomérations, la Ville Chef lieu est le n° 9 de l’équipe. Celui qui marque des buts dans l’intérêt de tous.
Il y a eu beaucoup de débats par le passé déjà.
Grenoble a tois hypothèses devant elle.
1) Grenoble se rattache à la métropole lyonnaise. C’est incohérent techniquement et probablement préjudiciable aux intérêts grenoblois à terme.
2) Grenoble devient la capitale du Sillon Alpin allant d’Annecy, Chambéry, Grenoble, Valence et ayant vocation à travailler avec Genève à terme. C’est la situation qui répond aux cohérences des territoires. Il est plus d’ailleurs plus facile et plus rapide d’aller à Annecy qu’à Vienne.
3) Grenoble reste ailleurs c’est à dire nulle part et perd sur tous les tableaux.
Qu’est ce qu’on constate actuellement ?
Un axe Lyon – St Etienne est créé. Que fera Vienne à terme ? Mais Grenoble n’est pas dans cet axe. Par conséquent, Grenoble avance-t-elle comme capitale du Sillon Alpin ? Non notamment parce que la formidable occasion des JO n’a pas été gagnée par Grenoble mais par … Annecy.
L’intérêt de tous les habitants de l’agglomération grenobloise c’était que Michel Destot ou un représentant de confiance du Maire de Grenoble prenne la Présidence de la Métro et structure l’agglomération dans la logique de « métropole du sillon alpin » avec Grenoble pour capitale.
Il est regrettable que ce débat de fond n’ait pas été livré au moins publiquement. C’est d’ailleurs tout aussi surprenant et dommageable que l’opposition au sein de la Métro n’ait pas présenté de candidat en défendant ce débat de fond.
Ceux qui pensent dans l’agglomération grenobloise gagner contre Grenoble sont dans l’erreur. Ceux qui vivent l’intercommunalité dans l’égalité théorique des Communes sont dans l’erreur. La réalité c’est que Grenoble forte fait gagner toute l’agglomération. La logique de mutuelle affaiblit Grenoble et une ville-chef lieu affaiblie perd ses challenges et fragilise toutes les autres Communes.
A titre personnel, je regrette que l’opposition dans la Métro n’ait pas exposé et défendu cette vision de l’organisation des territoires. Elle fut la nôtre par le passé. Ceux qui veulent réduire le bilan Carignon à la logique de « cumul de pouvoirs » font un résumé simpliste et faux. Il suffit de relire les documents de l’époque. L’efficacité recommande de structurer l’agglomération autour de Grenoble. Par conséquent, à Grenoble comme ailleurs, la structure communautaire doit être un outil de cette logique.
Il suffit de regarder les grandes étapes des principaux équipements des 30 dernières années. Faire la liste et mettre une date en face donnent une réponse objective. C’est cette vision qui a assuré à Grenoble ses succès. L’opposition aurait dû la défendre et probablement d’ailleurs défendre la candidature de Michel Destot à la présidence de la Métro ou celle de son représentant direct en acceptant de participer à l’exécutif car si on croit à l’ouverture elle ne doit pas être dans une seule direction …
Les collectivités publiques ont besoin de clarté.Cette démarche aurait eu le mérite de la clarté.
Marc Baïetto va devoir trouver un nouvel équilibre dans cette ambiance difficile qui va laisser des traces probablement. Il est un excellent diplomate. Il importe donc d’observer avec attention les arbitrages des prochains mois pour voir le véritable nouveau visage de l’agglomération.
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