Régulièrement, une "bulle" éclate. La notion de bulle est liée à la séparation entre la mode d'un moment et les réalités fondamentales durables. En 2001, ce fut le cas d'Internet. Comment cette nouvelle économie pouvait-elle vivre dans un schéma de gratuité et avec des multiples de valorisation qui ont franchi le seuil de 15 fois le CA prévisionnel à 24 mois lors de l'introduction en bourse d'Artprice par exemple …?
Puis ce fut le cas de la bulle immobilière en 2007. Ensuite, ce fut le cas de la bulle bancaire à l'automne 2008. Il paraît aujourd'hui probable de s'attendre à l'éclatement prochain de la bulle des dettes publiques.
Cet éclatement parait inévitable pour trois raisons principales.
Tout d'abord, les dettes publiques cumulées ont franchi le seuil de la raison. La communauté financière commence donc à s'inquiéter ouvertement.
Ensuite, en complément de cette crainte qualitative, cette dette publique traduit d'abord un mauvais endettement. La dette publique est progressivement devenue la traduction de l'incapacité d'une structure publique à moderniser son fonctionnement, le rendre moins onéreux et donc à préserver une réelle capacité d'autofinancement. La France est une caricature de ce "mal endettement". Une très forte partie de la dette est liée aux blocages des structures publiques face aux réformes incontournables mais sans cesse différées pour causes diverses.
Enfin, cette bulle est parvenue à un niveau tel qu'elle s'entrechoque avec le plafond des prélèvements publics. Depuis 2008, les hausses de salaires dans le privé sont exceptionnelles. Par conséquent, toute augmentation des prélèvements obligatoires est une érosion du pouvoir d'achat puisqu'elles ne sont pas compensées par la hausse des recettes des ménages. Cette situation fait naître un décrochage manifeste entre les ménages contraints d'effectuer des économies et les structures publiques qui s'autorisent à ignorer la crise "comme si de rien était". Ce décrochage est explosif à terme. Il porte en lui le risque d'une crise sociale.
L'étape du populisme a déjà été franchie. Les mots sont plus verts. Les colères sont plus fréquentes. La radicalisation est installée. Tant que les structures publiques continueront à ignorer la crise dans leurs modes de fonctionnement, elles seront perçues comme provocatrices. Les bulles ont toujours éclaté avec brutalité. Il n'y a pas de raison que cette bulle de la dette publique échappe à cette règle.
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