Le top 4 concerne l'évolution du climat politique. Par un brillant article dans Le Monde, Emmanuel Todd s'invite dans le climat présidentiel. Il dresse un parallèle entre 2012 et 1995. Il annonce une élection qui ne se jouera pas à droite, pas à gauche, pas davantage au centre mais "au peuple". En ce qui concerne le flop 4, c'est l'absence de fiabilité des chiffres dans le débat public Français.
Le top 4 est l'analyse faite par Emmanuel Todd sur le climat pré-2012. La politisation d'un enjeu électoral est dangereuse. Les élections locales de 2008 ont vu parfois des "candidats auto-proclamés indépendants" l'être … le temps d'un printemps électoral ayant laissé au vestiaire leur carte UMP pour mieux la reprendre après …car ils savaient qu'elle allait être un boulet dans ces circonstances.
Considérer qu'un candidat ne peut être que le fruit de son appartenance politique, c'est le réduire à une fonction de porte-drapeau qui est trompeuse.
Par conséquent, chaque fois que l'opinion accepte de se libérer des votes politiques, elle témoigne sa maturité, son indépendance, sa véritable fonction civique.
Emmanuel Todd annonce une présidentielle 2012 sur les bases de 1995. Malheur au candidat qui représentera les élites tant l'opinion veut se venger d'elles. C'est une nouvelle donne déjà annoncée avant cet article. Avec un tel climat, le jeu s'annonce très ouvert.
Le flop 4 concerne le discrédit des chiffres dans le débat politique français. Les chiffres sont absents, faux, contestés. Au moment où les outils techniques progressent, la fiabilité des chiffres chute. C'est dommage car cette situation contribue à la naissance d'un "climat de complot" qui décrédibilise désormais la quasi-totalité des "paroles officielles". Or, les chiffres ont vocation à montrer que tout ne se vaut pas et que tout ne peut pas être dit sans risquer d'être confronté à la réalité des faits.
Notre billet d'hier a suscité un commentaire particulièrement détaillé sur le militantisme politique que nous tenons à associer à notre billet tant il le complète de façon très raisonnée :
"L’analyse de Denis Bonzy sur la chute du militantisme en France est éloquente et, la menace de la montée des extrémistes devrait faire réagir chaque citoyen qui sommeille en nous.
Les Français sont-ils brouillés avec la politique?
Plusieurs éléments peuvent le laisser croire comme la montée de l'abstentionnisme, des votes blancs et nuls ou des votes protestataires. L’opinion publique est paradoxalement partagée entre une mauvaise image des hommes politiques, soupçonnés d'être inefficaces et souvent déconnectés de la réalité, et une idée plutôt positive du bon niveau de nos politiques en général.
Curieusement, je perçois chez les Français un intérêt pour la chose publique qui se traduit par exemple par la bonne image qu’ils ont du mouvement associatif et par leur engagement pour certaines causes.
En dépit des discours faciles sur la montée de l’individualisme, je pense qu’il est urgent de réfléchir à une autre façon de faire de la politique et de la promouvoir. Des hommes et de femmes doivent parvenir à travailler sans tabou, de façon non partisane et avec toute leur créativité pour proposer et défendre un projet commun construit en regardant l’avenir.
Ces travaux doivent notamment s’articuler autour de la nouvelle perception de l’univers politique, de la recomposition des cultures politiques et des formes d’expression politique adaptée à notre siècle. Le débat continuera à jouer un rôle décisif dans le fonctionnement et les évolutions de notre société. Le monde change vite et l’absence d’un vrai débat permettant d’expliquer et d’accompagner le changement est un risque fort pour la démocratie.
A mon avis, les Français attendent une plus grande proximité avec les représentants politiques qu’ils jugent souvent loin de leurs préoccupations quotidiennes. C'est à la politique d'intéresser les français, et non l'inverse. L’école, par exemple, devrait susciter l’intérêt des jeunes pour la politique en s’appuyant sur des cours de droits civiques. Il faut expliquer au jeune ce qu’est la politique, à quoi elle sert et la contribution que chacun peut apporter. Il est opportun que « l’offre politique » s’élargisse et implique le plus grand nombre de citoyens dans le débat public pour valoriser la notion de contrat électoral et renforcer la crédibilité des politiques. Il faut étayer un mécanisme de représentation et de délégations pour impliquer et responsabiliser les Français et réintroduire de la pédagogie et du volontarisme dans le discours politique". Christian Bec
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