Clearstream est une procédure qui porte 4 pièges majeurs.
Pour le Chef de l'Etat, son maintien dans la procédure ouvre la voie à ce que l'opinion puisse considérer qu'une décision de la justice ne soit pas une décision de justice. Le Chef de l'Etat est tombé dans ce piège et l'assume avec son aplomb habituel.
Pour Dominique de Villepin, le piège c'est que son énergie soit scotchée à cette affaire. Le verdict de l'opinion est déjà tombé : c'est un procès politique. On ne connaîtra jamais la réalité. La politique n'est pas la "petite maison dans la prairie", des coups bas ont dû intervenir et ce de tous les côtés sans exception. Par conséquent, c'est un coup supplémentaire que l'un des camps puisse crier "allo maman bobo" comme tente de le faire le Chef de l'Etat. L'enjeu pour Dominique de Villepin c'est de consacrer son énergie à faire des propositions sur les dossiers qui intéressent les Français.
Or, troisième piège, considérer que Cleastream intéresse les Français. La dernière enquête Ifop pour le JDD montre que Clearstream "intéresse" les Français à hauteur de 1 à 4 % selon les époques d'octobre 2009. Clearstream ne concerne pas le quotidien des Français. Les Français, en consommateurs de la politique, veulent d'abord des réponses à l'amélioration de leur quotidien.
Quatrième piège, considérer que la place de l'éthique dans la politique soit réglée par Clearstream. La place de l'éthique dans la politique est plus indispensable que jamais. Cette éthique va de l'impartialité de l'Etat dans les nominations, dans les décisions jusqu'à la transparence de ses processus de décision comme la qualité de ses choix majeurs à l'exemple de la dette publique. Cleartream ne règle rien de ces sujets.
C'est sur ces dossiers que Dominique de Villepin doit s'exprimer. Clearstream est un processus à rebondissements multiples probablement durables mais si vite oubliés.
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