L'Express consacre un long reportage cette semaine au "phénomène people" qui frappe le milieu politique Français. Il y a 21 ans à quelques jours près, Haroun Tazieff s'engageait dans le combat des cantonales en Isère. Une décision importante pour celui qui avait été de 1984 à 1986 le Secrétaire d'Etat aux Risques Majeurs sous François Mitterrand. Au passage, quand la "mode" de l'ouverture est à ce jour "découverte" ; un tel rappel montre, si besoin était, que le neuf est si souvent ce qui a été oublié volontairement ou pas…
Son arrivée en Isère allait changer beaucoup de choses. Pour deux raisons : 1) Alain Carignon le laissait fonctionner avec tolérance et liberté ; 2) Par conséquent, Haroun Tazieff s'appliquait dans son domaine de compétences avec une totale mobilisation.
Son seul souci : faire et faire bien. Il ne s'agissait pas de plaire, encore moins de faire carrière. Il lui fallait aller à l'essentiel : être utile pour apporter des réponses concrètes rapides.
Quand on compare les tempéraments dans les engagements publics, force est de constater à regret que de telles personnalités sont désormais très rares dans la politique Française. Elles ne faisaient pas le spectacle. Leur tempérament était un spectacle permanent. En 1990, il est question que Tazieff soit "fatigué". La file d'attente pour les voeux en Préfecture est très longue. Alain Carignon et Jacqueline accueillent les présents un à un et ils sont très très nombreux. A chaque personne croisée, Tazieff constate qu'on lui demande des nouvelles de sa santé. Il veut montrer qu'il est en pleine forme. Il prend son élan et plusieurs dizaines de mètres plus tard effectue une glissade sur plusieurs dizaines de mètres sur les paquets bien cirés de la préfecture. Il estimait ainsi avoir répondu aux questions sur sa forme …
Chaque année à cette époque d'été, j'ai une pensée émue pour la gentillesse permanente qui fut la sienne (photo en 1989 avec mon fils Jonathan) . Les tempéraments ont beaucoup changé. Tazieff n'avait rien à démontrer si ce n'est à son propre regard. Aujourd'hui, avant de se lancer dans une telle démonstration de "bonne santé", le politique concerné chercherait d'abord le photographe avant même de passer à l'acte éventuellement. Une autre mentalité …
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