Denis Bonzy

05/03/09 : réforme Balladur : où est le changement ?

Depuis les années 60, la France est incapable de réformer son territoire. Les analyses sont légion : rapport Guichard, le "Mal Français" de Peyrefitte …

La décentralisation de Mitterrand est passée par là en aggravant les maux initiaux parce qu'elle a trop affaibli l'Etat.

Aujourd'hui, c'est une immense pagaille, un gâchis financier insupportable. Seuls les élus concernés nient officiellement la réalité des choses parce que c'est leur quotidien et pour certains une rente de situation dont ils ne parviennent pas à imaginer la fin.

4 enjeux sont prioritaires :

1) Dans une démocratie, il ne peut pas y avoir de "réel pouvoir territorial" en dehors de l'élection au suffrage universel direct. Par conséquent, il faut faire passer les Présidents de Communautés de Communes par l'élection au suffrage universel direct.

2) Il faut reconnaître un seuil de "viabilité financière". En dessous, les élus gardent des fonctions d'état civil et d'animations de proximité mais les Communes concernées doivent se fondre dans une entité plus large.

3) Il importe de renforcer les contre-pouvoirs locaux. La France a assisté à l'émergence de "féodaux" sans réel contre-pouvoir. Là aussi, ce n'est pas sain dans une démocratie.

4) Il faut supprimer les Départements et évoluer vers une trentaine de Régions ayant une assise correspondant à la réalité économique moderne.

Il faut donc :

* moins d'élus,

* davantage de responsabilité par la clarté des compétences pas partagées,

* des contre-pouvoirs plus efficaces.

Les propositions d'Edouard Balladur sont très éloignées de telles évolutions. Cette réforme est très délicate. Nicolas Sarkozy très affaibli dans les sondages, aurait-il encore l'autorité politique pour conduire une réforme aussi profonde ? Il est possible d'en douter.

On s'achemine donc vers des propositions qui auront probable vocation à "garnir les tiroirs"et s'ajouter aux nombreuses études anciennes.

Commentaires

Laisser un commentaire