L'enjeu des JO 2018 dépasse largement le sort de chacune des Villes Françaises candidates. L'enjeu est le retour de la France dans les pays de tête du tourisme blanc.
En 1968, après les JO de Grenoble, la France était la première destination mondiale des amateurs de ski. Elle est aujourd'hui au troisième rang après les Etats-Unis et l'Autriche. Dans 10 ans, sans évènement international majeur, elle sera peut-être au sixième rang avec la concurrence de la Russie (Sotchi 2014), d'autres destinations d'Est voire même de la Chine qui annonce 20 stations de ski très attractives.
Le tourisme blanc est une activité économique à part entière. Depuis 15 ans, Grenoble et l'Isère ont décroché en matière d'aménagements majeurs pour maintenir la compétitivité des sites sportifs. Les dessertes n'ont pas été adaptées et pénalisent considérablement les stations de l'Isère. Il suffit de lire les enquêtes et d'écouter ceux qui vont de plus en plus dans le "pays du Mont Blanc". De façon plus générale, les actions touristiques n'ont pas été maintenues à un niveau assez élevé. Grenoble est fragile non seulement sur sa capacité de l'hôtellerie de haut de gamme mais aussi sur le plan simplement quantitatif : Annecy compte 80 000 lits, Nice annonce 40 000 lits et Grenoble … 25 000 lits.
Les dépenses de communication des Institutions publiques iséroises toutes confondues sont actuellement largement insuffisantes sur ce dossier. Dire cela, ce n'est pas souhaiter une augmentation des dépenses mais leur mobilisation vers ce challenge très prioritairement. Or, la "participation citoyenne" fait défaut mais elle a été si peu sollicitée.
A 30 jours de la décision, il y a une atmosphère surprenante qui me paraît à certains égards laisser craindre une issue délicate. Grenoble basculerait alors dans une réalité qu'il faudrait intégrer et qui exigerait des efforts d'investissements considérables pour "remettre à niveau". L'un des arguments majeurs de Nice, c'est que l'offre de Nice est celle qui coûte le moins cher pour les infrastructures sportives : 150 millions contre 300 millions pour Grenoble. Si Grenoble ne peut pas compter sur les JO pour combler son retard, il est à craindre que le décrochage grandira encore plus. C'est une réalité qu'il faudra regarder en face, que cette situation soit agréable en cas de décision positive ou un peu moins en cas d'échec.
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